Vivante morte éblouie
Vidéo-poème musical

Une femme se réapproprie son image dans l’abandon amoureux. Au cœur de l’intime, deux êtres découvrent en s’approchant la liberté qui les relie au battement du monde. Et si, ensauvagés, nous retrouvions la beauté simple et évidente de notre humanité ?

Auteurs : Isabelle Françaix (image) et Pierre-Adrien Charpy (musique)
Avec Pierre-Adrien Charpy et Raphaële Kennedy
Voix : Raphaële Kennedy
Ingénieur du son de l'enregistrement (Sillages, CD1,CYP2623) : David Lefeber
Matsylie Productions 2017 (Hervé Alexandre, producteur)
Ce film accompagne le lancement du coffret "Sillages", de Pierre-Adrien Charpy (CYP2623) sous le label belge indépendant Cypres (Cédric Hustinx, producteur exécutif), dans la collection AVECypres en coproduction avec l'association Da Pacem.



La pièce "Vivante morte éblouie" a été écrite à partir d'un texte d'Albert Cohen extrait de "Belle du Seigneur" (Gallimard, 1968) :

VIVANTE MORTE ÉBLOUIE
1
Ô débuts, deux inconnus soudain merveilleusement se
connaissant, lèvres en labeur, langues téméraires, langues jamais
rassasiées, langues se cherchant et se confondant, langues
en combat, mêlées en tendre haine, saint travail de l’homme et
de la femme, sucs des bouches, bouches se nourrissant l’une
de l’autre, nourriture de jeunesse, langues mêlées en impossible
vouloir, regards, extases, vivants sourires de deux mortels,
balbutiements mouillés, tutoiements, baisers enfantins, innocents
baisers sur les commissures, reprises, soudaines quêtes
sauvages, sucs échangés, prends, donne, donne encore, larmes
de bonheur, larmes bues, amour demandé, amour redit, merveilleuse monotonie.
2
Seins apparus dans la nuit, douce clarté des seins, main de
l’homme sur le sein luisant de lune, honte et douceur de la
femme, ses lèvres entrouvertes en attente, peur et bonheur
d’elle soumise, peur et douceur, visage penché de l’homme,
hardiesses dans la nuit, hardiesses qu’amour commande,
hardiesses acceptées par elle en abandon, livrée et bientôt approuvant,
ô ses râles filés et salivés, les mêmes qu’à l’heure de sa mort certaine, ô ses sourires d’agonisante,
son pâle visage par la lune éclairé, vivante morte éblouie, à elle-même révélée, confuse
et béate, ses mains errantes dans les cheveux de l’homme sur
son sein penché, mains finement caressantes, accompagnant
son bonheur, mains reconnaissantes, mains légères qui remerciaient, chérissaient, voulaient encore.
Amour, ton soleil brillait en cette nuit, leur première nuit.
*
Liens :
www.cypres-records.com
www.matsylieproductions.bzh
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www.raphaelekennedy.com 
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